Pourquoi je n'utilise plus de mousse florale.

Le petit cube vert qui sent le neuf, je l'ai utilisé pendant trois ans, comme tout le monde. Voici ce qui m'a fait basculer — et ce que j'ai mis à la place.

On nous l'apprend dès la formation. La mousse florale — Oasis, dans la bouche de tout le monde — c'est l'outil universel : on la trempe, on la cale, on y plante les tiges, et la composition tient une semaine. Pratique, prévisible, peu coûteux. Sauf qu'on oublie souvent ce qu'elle est vraiment : un bloc de résine phénolique, fabriqué à partir de dérivés du pétrole, qui se désagrège en microplastiques au contact de l'eau et qu'on ne peut pas recycler. La voir partir à la poubelle après chaque mariage m'a longtemps gênée sans que j'en fasse quelque chose.

Le déclic est venu à l'été 2023, sur une intervention dans un domaine qui composte rigoureusement. La régisseuse m'a demandé, gentiment, ce qu'elle devait faire des fonds de vases. J'ai répondu sans réfléchir, et j'ai entendu ma propre réponse : « la mousse, c'est à part, elle ne va pas au compost ». Cette phrase, prononcée à voix haute, m'a paru soudain absurde au regard du reste de mon discours sur la fleur de saison.

J'ai mis dix-huit mois à tout réorganiser. Aujourd'hui, je travaille avec : des grilles de poulet en métal recoupées et roulées en boule pour caler les tiges dans les vases bas, des kenzans en laiton pour les compositions japonisantes, des branches enchevêtrées dans le fond du contenant quand l'installation s'y prête, et — pour les arches — des structures en bois et en raphia qui maintiennent les fleurs sans qu'elles aient besoin de boire pendant l'événement.

Est-ce que c'est plus long ? Oui, à peu près trente pour cent en plus sur les centres de table. Est-ce que c'est plus cher ? Non, sur l'année, parce que les grilles et les kenzans sont réutilisables. Est-ce que la composition tient aussi longtemps ? Oui, pour peu qu'on change l'eau tous les deux jours.

Je ne fais pas la leçon — je raconte juste comment ça se passe ici, place aux Herbes. Si vous travaillez la fleur, prenez ce qui vous est utile et laissez le reste.

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